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Tous les articles du mois de août 2013
août
29

   Vous avez peut-être constaté que bon nombre de journaux ont annoncé que le gouvernement se félicite de la création d’un « statut spécial » et de la soi-disant « reconnaissance d’un vrai métier d’AVS ». Nombres de médias prononcent même le terme de « titularisation » sans que le gouvernement ne les contredise. Attention aux effets d’annonce ! Nous vous mettons en garde contre les grands illusionnistes qui nous gouvernent. L’entourloupe pourrait s’avérer en effet très cruelle pour bon nombre de précaires qui y auraient cru.

   Ainsi, le gouvernement laisse espérer, dans un flou artistique volontaire, la titularisation de 28 000 AVS.

   Mais à la lecture attentive de la conférence de presse (à lire ici), on comprend vite, dès la page 4, qu’il n’en est rien. En effet, jamais le terme « titularisation » n’est évoqué et pour cause, le projet qui est présenté parle de CDI, ce qui change tout.
    Il ne s’agit d’ailleurs pas non plus de 28 000 AVS mais, et seulement à la rentrée 2014, de 3 000 AVS. On se demande ainsi lesquels et quel avenir on réserve à tous les autres.
Seuls les AVS sous statut AE (Assistant d’Education en contrat de droit public), qui auront exercé pendant 6 années (bonjour la durée de la période d’essai avant de décrocher un pauvre CDI à temps partiel !) et qui auront entamé une démarche de VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) sont concernés.
Le gouvernement annonce 28 000 CDI sur plusieurs années. Or, l’on sait maintenant que la politique de restriction budgétaire et d’austérité se durcit d’année en année ; rien ne nous garantit donc que le budget des années suivantes permettra de respecter les engagements d’aujourd’hui.
Enfin, les 34 000 EVS (qui ont exactement les mêmes missions que les AVS) , en contrat « aidé » CUI, de droit privé, exploités à 670 euros, ne sont pas du tout concernés par cette annonce.

   Rappelons que l’Education nationale emploie à l’heure actuelle près de 55 000 précaires en charge de l’accompagnement des élèves handicapés. Cherchez l’erreur!

   Nous vous rappelons également ce que nous disions dans un article cette année sur notre blog concernant la différence entre un CDI et une titularisation, cette dernière étant la seule à même de nous donner un vrai statut et une vraie reconnaissance. Pour ceux qui n’auraient pas encore lu l’article en question, nous vous conseillons d’en prendre connaissance (en entier ici) pour bien comprendre le problème. Pour l’heure, un bref rappel :

Titularisation et CDI : attention, ça n’a rien à voir !

Les acquis de la titularisation :
– Nos missions seront enfin reconnues statutairement.
– La sécurité de l’emploi sera assurée.
– Des salaires décents avec évolution à travers des grilles d’ancienneté de la fonction publique.
– Le temps de travail sera choisi (temps plein ou partiel) et non imposé.
– L’évolution de carrière sera facilitée (possibilité de passer les concours de la fonction publique en interne).

Le CDI : ses pièges, ses dangers :
– Un CDI ne garantit ni un salaire décent (temps partiel) ni la sécurité de l’emploi (comme beaucoup le croient encore). C’est un jeu d’enfant en effet pour l’employeur que de licencier une personne sous CDI, particulièrement depuis que nos gouvernements successifs ont instauré la « rupture conventionnelle du contrat de travail » et l’ANI (l’accord National Interprofessionnel).
– Un CDI est un contrat de droit privé (dans la fonction publique, c’est un non sens qui conduit tout droit à la marchandisation du service public).
– Un CDI n’est pas un statut, c’est seulement un contrat de travail.

  Dans ce cas précis, qui concerne quelques 3 000 AVS comme annoncé dans la conférence de presse, il s’agira de CDI à temps partiel imposé au salaire de la catégorie C, c’est-à-dire celui qui se trouve tout au bas de l’échelle, et sans possibilité d’évolution. Quelle avancée par conséquent par rapport à nos actuelles conditions de travail ? Aucune !
Le CDI est en plus fonction des postes ouverts chaque année, ce qui signifie que le salarié peut être baladé d’année en année aux 4 coins de l’Académie et son refus engendrerait alors le licenciement de plein droit. 

   D’autre part, dans cette conférence de presse, il est suggéré que le salarié en CDI à temps partiel pourra compléter « le cas échéant » son activité par des « travaux d’accompagnement non scolaire« , c’est à dire sur tous les temps de la vie d’un enfant ou adolescent en dehors de l’école… (qu’est-à-dire? l’accompagner aussi chez lui et à l’école comme une nounou ou une aide à domicile? Ce n’est pas exclu ! Nos missions actuelles seraient ainsi complètement dénaturées et s’apparenteraient bien plus à cette fameuse catégorie V du service à la personne. Les nombreux AVS qui ont déjà un niveau I ou II de formation et de qualification (bac+5, bac+3 ou 4) apprécieront ! Il faut bien mesurer aussi le terme « le cas échéant« , autrement dit,  aucune obligation de l’employeur d’aménager le temps de travail du CDI pour un autre mi-temps comme c’est déjà le cas aujourd’hui puisque les emplois du temps sont toujours établis en fonction des besoins de l’enfant et de l’organisation scolaire. Il y a donc le risque de n’avoir d’autre possibilité que d’effectuer ce complément qu’ici ou là, par fractionnement, avec des déplacements non indemnisés.

   Une question enfin reste essentielle à nos yeux et à laquelle le gouvernement n’a donné aucune réponse : Qui sera l’employeur ? l’Education nationale ou bien celle-ci va-t-elle sous-traiter nos services (comme préconisé dans le rapport de Komitès – sur lequel le gouvernement s’est basé) aux associations du secteur sanitaire et social, au groupements d’intérêts publics ou collectivités territoriales déjà prises à la gorge par les politiques austéritaires de restriction budgétaire? Il est à craindre que le gouvernement, en raison de nos victoires aux prud’hommes, cherche tout simplement à renvoyer le bébé avec l’eau putride du bain à d’autres secteurs pour qu’ils s’en débrouillent.

   A l’annonce gouvernementale, on en connait déjà pas mal qui applaudissent des 2 mains sans savoir ou bien omettent volontairement de poser les questions qui fâchent (UNEAVS, UNAÏSSE, FNASEPH  ainsi que le syndicat CFDT) et qui prétendent nous représenter sans nous avoir consultés. Leur responsabilité, alors qu’ils ont l’oreille bienveillante du gouvernement, est de notre point de vue établie. Ils ne servent pas les intérêts des précaires et des élèves, bien au contraire, en noyant le poisson depuis des années sous des revendications qui nous mènent aujourd’hui à cette continuation dans la précarité. Parler de « professionnalisation» ou de « pérennisation » comme ils l’ont toujours fait n’a conduit qu’à conforter les gouvernements dans leur politique au rabais et alimenter volontairement le flou dans l’esprit des précaires au lieu de revendiquer la seule voie cohérente : la titularisation de tous sans condition.
    En attendant, beaucoup d’AVS qui ont entendu et ont rêvé un instant risquent de déchanter rapidement et même des EVS qui ne savent pas toujours faire la différence entre leur propre contrat (CUI de droit privé) et celui d’un AVS (contractuel de droit public…jusqu’à présent !). 3000 AVS-AE donc concernés par cette annonce, ça ne pèse pas lourd comparé aux 55 000 précaires qui occupent ces fonctions d’accompagnement des élèves handicapés, avec pour seules garanties la précarité et le chômage! Dans une République qui dit vouloir afficher dès la rentrée au fronton de toutes ses écoles, ses collèges et ses lycées le mot « EGALITE », il est à craindre au contraire que le personnel et les élèves n’en ressentiront que plus gravement encore les inégalités de traitements que ces mesures occasionneront.

   Enfin, vous noterez la contradiction de ce gouvernement, qui n’en est pas à une près, en poursuivant sa logique de précarisation avec l’annonce de 8 000 contrats « aidés » supplémentaires à la rentrée!

   Toutes les subtilités démagogiques du gouvernement (à la veille des municipales et des européennes, ça peut toujours servir !!!!) que nous redoutions sont finalement présentes dans sa conférence de presse que nous vous recommandons de lire avec attention (http://multimedia.education.gouv.fr/2013_accompagnement_handicap/) ainsi que notre article http://www.evs-avs35.fr/chers-collegues/ pour apporter d’autres démentis aux affirmations mensongères et lourdes de conséquences qui orientent l’opinion publique.

   Un autre grand illusionniste nous avait promis une reconnaissance de nos missions : Nicolas Sarkozy. Attention donc aux effets d’annonce du gouvernement actuel qui jusqu’à présent n’a fait que marcher dans les pas de son prédécesseur!

   Pour finir, une chose est sûre : les choses en resteront là si les précaires ne s’emparent pas eux-mêmes du problème et de leur avenir. Nous attendrons donc tout au long de l’année votre participation à chacune des réunions que le collectif organisera, que ce soit pour faire valoir vos droits aux prud’hommes, plus que jamais d’actualité, mais aussi pour toute manifestation qui sera organisée pour porter haut et fort nos revendications.

   Bonne rentrée,

   Solidairement,

   Le collectif

Infos / Mémo :

Manifestations nationales interprofessionnelles contre la Loi Travail jeudi 9 juin 2016 (voir les rendez-vous de la semaine d'actions)

Les précaires de l'éducation nationale se rassemblent dès 11 h place Hoche

COORDINATION DES PRÉCAIRES DE L'ÉDUCATION EN GRÈVE CONTRE LA LOI TRAVAIL

RÉUNIONS DE LA COORDINATION les LUNDIS à 18H, au local de SUD éducation, 5 rue de Lorraine à Rennes quartier Villejean ( voir le plan)

Caisse de grève en ligne: https://www.tilt.com/tilts/caisse-de-greve-precaires-de-leducation-35


 

Jeudi 23 juin

Audience au Conseil des Prud'hommes de Rennes (2 rue des Trente) à 14h le 23 juin d'une vingtaine d'EVS pour la défense de leurs droits.

Merci de venir nombreux les soutenir.

IMPORTANT !



Soutenez le collectif EVS-AVS35 pour refuser la précarité et dénoncer le non respect des engagements de l’Éducation Nationale pour la formation du personnel !

Le grand réinventaire

L'abécédaire vidéo : Des films, à partir de mots-clés, de mots-sources, de mots-outils qui fondent notre vision commune, le croisement de nos regards, notre besoin d’humanité. Des films pour mettre en commun celles et ceux qui, du monde du travail, de la politique, des luttes associatives et syndicales, de l’économie, de l’éducation, de la santé, de la culture, acceptent de partager leurs engagements. Cliquez ici pour plus d'infos.

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