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Tous les articles du mois de décembre 2014
Leïla et Jean-Claude travaillent tous les deux dans les écoles. Enfin, travaillaient. Ils sont deux des précaires de l’éducation nationale. Hier, en contrat CUI, aujourd’hui au RSA, et entre temps, dans la fierté d’être utile à la nation et aux élèves.

Leïla est le personnage d’une mini bande dessinée de JAC. Un personnage si réel, que les enseignants connaissent chacun un bon nombre de Leïla.

Jean-Claude est la personne qui travaillait avec moi à l’école. Il était aide administrative. C’est un peu un secrétaire. Il va répondre au téléphone, prendre des rendez-vous. Ventiler les informations auprès des enseignants, gérer la liste des élèves inscrits à l’étude, faire des photocopies, découper du matériel, participer aux fêtes d’écoles, renseigner les parents d’élèves sur les choses courantes de la vie de l’école…

Quand il est arrivé dans l’école, je l’ai donc « formé », plutôt converti, aux us et coutumes de l’Éducation nationale. J’ai créé une fiche de poste. Rien de tout cela n’existe. Sans-emploi depuis plusieurs années, ce poste, en contrat CUI, lui a été proposé il y a quelques années. Le but n’était nullement d’aider les écoles, mais de faire baisser les chiffres du chômage. Je me souviens de Villepin qui annonçait une baisse du chômage d’exactement le nombre de contrats qui venaient d’être signés.

Sauf que Jean-Claude a pris toute sa place dans l’école. Il est reconnu par les parents d’élèves et apprécié par les enfants. Au fur et à mesure qu’il parvient à être plus à l’aise dans l’école et dans ces tâches, je peux de mieux en mieux me consacrer aux élèves du point de vue d’un directeur. Projets pédagogiques, coordination du travail d’équipe, omniprésence auprès des enfants, notamment des plus remuants. Punir, certes, mais aussi parler, réfléchir aux sanctions, aux réparations, aux moyens de renouer le dialogue entre enfants. Tout un tas de choses qui demandent du temps. Pour l’élaboration de projets ambitieux, n’en parlons pas du temps. Tout cela devient possible, parce que Jean Claude est là. Son contrat a été plusieurs fois renouvelé. Mais le dernier prenait fin en avril. Il espérait un « nouveau » renouvellement auquel il avait droit. À plus de 60 ans, il attend d’avoir 65 ans pour avoir toutes ses annuités. Il a appris, parce qu’il a cherché l’information, le soir des vacances de printemps, qu’il ne pourrait pas retourner à l’école le 5 mai. Il y a là comme une forme de mépris. L’année n’est pas terminée, les personnes sont laissées dans l’attente et au dernier moment, on leur annonce que c’est fini. C’est un mépris pour l’école qui s’était organisée avec le secrétaire dans l’équipe et c’est aussi et surtout un mépris pour Jean-Claude, pour ce qu’il a su faire durant ces années.

Les conditions d’emploi ne sont pas idéales. 20 h au SMIC. Il ne manque pas de travail pourtant avec toutes les nouvelles demandes de ces dernières années faites aux directrices et directeurs. C’est pour cela que j’ai toujours défendu l’idée que la question des rythmes scolaires devait permettre à ces personnels de pouvoir cumuler les employeurs sur un même établissement (l’État durant 27 h et 8 h la collectivité territoriale). Replacer le directeur sur du pédagogique, c’est aussi un levier pour une transformation de l’école. Ces personnes sont donc devenues indispensables. Surtout quand elles sont compétentes comme Jean-Claude.

Je souhaite et demande à mon institution (c’est chose faite) que son contrat soit renouvelé sur mon école. Lui seul ? Tous ceux qui ont su trouver leur place dans les écoles doivent pouvoir la retrouver. Ils sont nombreux en ce mois de mai à s’être retrouvés à la porte des écoles.

Leïla, elle est assistante de vie scolaire (AVS), elle s’occupe des élèves qui supportent un handicap. Mais un bon dessin vaudra bien des discours ici ! Merci à JAC pour ces dessins (lien ici et ), comme toujours très justes. Merci aussi à toutes les Leïla (et surtout à celle qui est dans ma classe et celles qui sont venues les années d’avant — dont un homme —) qui interviennent, se dévouent malgré la précarité de leur situation.

Notons que des discussions sont en cours pour reconnaître le travail d’AVS, mais pas encore celui d’aide à la direction…Je ne vois pas comment il ne peut en être autrement dans l’avenir.

 

 

 

 

 

 

 

 

Leïla et Jean-Claude n’ont pas perdu que leur travail, leur emploi ; ils ont perdu leur métier. Ces métiers existent aujourd’hui dans les écoles. Ne pas les reconnaître, c’est saper les fondations d’une école que l’on veut portée vers plus d’intégration et plus de pédagogie.

 

Article issu du blog de médiapart, voir lien :

http://blogs.mediapart.fr/blog/sebastien-rome/190513/leila-et-jean-claude-precaires-de-leducation-nationale

déc
18

Émission de médiapart, enregistrée le 18 décembre

La loi Macron, les 35 heures, l’ANI, le taux écrasant de CDD, le travail intérimaire, le taux de chômage très élevé, le code du travail raboté de toute part, la justice prud’homale attaquée, la faiblesse des syndicats… Mediapart a fait le point avec ses invités, chercheurs comme acteurs de ces luttes.

Loin des méandres politiques, retour aux réalités sociales. Ce jeudi 18 décembre, notre émission « En direct de Mediapart », en direct et en vidéo depuis la rédaction, s’est appliquée à raconter un monde du travail en miettes. La loi Macron, les 35 heures, l’ANI, le taux écrasant de CDD, le travail intérimaire, le taux de chômage très élevé, le code du travail raboté de toute part, la justice prud’homale attaquée, la faiblesse des syndicats…

1. Etat des lieux d’un salariat atomisé


Le travail en miettes : état des lieux par Mediapart

Avec :

Fiodor Rilov, avocat spécialiste du droit du travail. Il a été le défenseur des salariés dans plusieurs grands conflits sociaux (Continental, Mory-Ducros, Goodyear, Samsonite, Trois Suisses, etc.).
Danièle Linhart, sociologue, directrice émérite de recherches au CNRS. Spécialiste de la modernisation du travail et de l’emploi, elle travaille sur les nouvelles formes de pénibilités. Elle publie en janvier La Comédie humaine du travail, chez Erès.
Jacques Rigaudiat, économiste, ancien conseiller de Michel Rocard, ancien conseiller social de Lionel Jospin, aujourd’hui membre de la Fondation Copernic.
Françoise Milewski, économiste à l’OFCE, membre de l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes (sa biographie ici).

 

2. Etat des luttes sociales


Le travail en miettes : état des luttes par Mediapart

Avec :
Frédéric Dippah
, ancien chef d’entreprise prestataire de Chronopost qui s’est fait laminer par cette sous-traitance (ici notre article).
Christian Lahargue, ancien secrétaire CGT du CE de l’usine Continental de Clairoix (ici notre article).
Isabelle Maurer, au chômage, membre du Mouvement national des précaires et des chômeurs. En octobre 2013, sur France 2, elle avait renvoyé dans les cordes Jean-François Copé (article ici).
Karl Ghazi, responsable de CGT-commerce et du Clic-P, l’intersyndicale (CGT, CFDT, Sud, CGC et Unsa) qui lutte contre toute extension du travail dominical et du travail de nuit (lire notre enquête ici).

  • Notre grand témoin : Pierre Joxe

Ancien ministre, il a exploré en tant qu’avocat les différentes juridictions sociales (dont les prud’hommes) pour en dresser un état des lieux accablant (ici notre article).


Pierre Joxe : « La gauche n’a pas été élue pour… par Mediapart

L’intégration scolaire et préjugés

Parmi les autres revues auxquelles je ne me suis jamais abonné : celle du conseil régional, du conseil général, de l’agglomération (Rennes métropole), de la commune, du syndicat des eaux auquel ma commune est connectée, du Centre social et encore l’agenda des fêtes et manifestations du département et celui de la métropole locale… la revue de ma banque, celle de mon assureur…. je reçois à mon domicile la revue de la MGEN Valeurs mutualistes comme tous les mutualistes adhérents et je dois dire que je ne lis généralement que les gros titres…

Mais dans le dernier numéro, N° 293, ce n’est pas un titre qui a attiré mon attention mais la photo en pleine page d’une jeune femme fixant l’objectif et donc le lecteur, moi. Cette jeune femme vêtue de rose sourit et il est dit que l’article de la rubrique valeur éducative va nous présenter son portrait. Elle s’appelle Marie-Laure Davezan et elle a « L’intégration scolaire pour combat ».

M.L. Davezan est référente de scolarité (ici mon correcteur souligne en rouge ce néologisme) après avoir été, longtemps enseignante spécialisée en internat, puis en IME. Elle définie sa mission comme devant « dépasser la simple coordination, elle est médiatrice et fait l’interface entre des familles démunies et des équipes pédagogiques pas toujours prêtes à accueillir un enfant handicapé ». Suit un propos sur le thème de la douleur et de la souffrance qui lui appartient. A la fin de l’article il est mentionné que M.L. Davezan est également auteur d’un roman : l’enfant aux yeux noirs.

Comme pour appuyer l’article il a été ajouté un encart : Scolarisation des élèves en situation de handicap : en progression constante, puis suivent des chiffres concernant la loi de février 2005. Car c’est bien le sujet réel de l’article et là la MGEN comme le dit si bien Thierry Beaudet le président du groupe MGEN dans son éditorial : la MGEN lutte contre la pauvreté. Ainsi la loi de 2005 apparaît comme un moyen de lutte contre les inégalités.

Ce que ne dit pas M.L. Mavezan, qui pourtant est enseignante spécialisée, c’est que si les équipes pédagogiques ne sont pas toujours « bienveillantes et accueillantes » c’est qu’elles ont de sérieuses raisons de l’être. Manque d’effectifs, manque de moyens, surtout manque de formation…et pour les Directeurs d’écoles craintes réelles de se retrouver devant le tribunal pour répondre aux manquements de formation professionnelle du service public d’enseignement*

Ce qu’elle a peut-être également oublié, c’est que les équipes éducatives avec lesquelles elle travaillait auparavant dans les institutions spécialisées étaient composées de personnels qualifiés et décemment rémunérés , ce qui n’est pas le cas des personnels précaires mis au service de l’intégration scolaire par le Ministère de l’éducation nationale. Salariés à temps partiels contraints sous contrats à durée déterminée, sans statut, qui n’ont droit qu’aux minima sociaux.

Il serait par conséquent grand temps que le groupe MGEN se pose la question de soutenir une logique de précarisation du système éducatif qui produit plus de pauvreté et donc moins de valeurs mutualistes.

Gildas Duplenne

Conseiller d’éducation populaire et de jeunesse retraité

Vern sur Seiche

*Rapport de l’assemblée nationale pour la loi de finance 2013 (budget 2013 / 2015) L’Éducation nationale a pourtant manqué, et de manière répétée, à ses obligations, ce qui a conduit un grand nombre d’EVS-AVS, avec l’appui de certains syndicats, à déposer des recours contre les établissements scolaires fautifs. Selon l’Union nationale des employés, auxiliaires de vie scolaire et assistants de scolarisation, environ 2 300 recours auraient été déposés pour la seule « première vague » des contrats, ceux de la période 2009-2012. Cette organisation a indiqué au rapporteur pour avis que « l’exemple » ainsi donné par ces contractuels est de nature à inspirer l’attitude de ceux faisant partie de la « deuxième vague », recrutés à partir de l’été 2012 et dont la colère, à l’encontre du ministère, tend à grandir. Pour sa part, celui-ci a indiqué au rapporteur pour avis, le 2 octobre dernier, que, selon les chiffres disponibles au 30 juin 2012, 307 affaires avaient été jugées et que 1 437 affaires étaient en cours.

Quoi qu’il en soit, il y a lieu de noter que ces recours aboutissent, immanquablement, à la condamnation des établissements ayant recruté des accompagnants, les indemnités à verser pouvant atteindre, par exemple, 140 000 euros, dans le cas d’un lycée et de deux collèges de l’académie de Rennes). Les représentants de la direction générale de l’enseignement scolaire entendus par le rapporteur pour avis ont ainsi précisé que le ministère de l’éducation nationale devait, en septembre 2012, payer 2,5 millions d’euros en contentieux…

Voici ci-dessous le compte-rendu de la grève des AVS-AESH (soutenue par Sud et la CNT) à Paris le 25 novembre dernier, dans le cadre d’un mouvement d’appel à la grève national. Sur place, les collègues ne se sont pas contenté-es d’une simple journée-défilé, d’ores et déjà elles et ils appellent à de nouvelles journées de mobilisation et d’AG les 6 et 17 décembre prochains.

Et en Ille-et-Vilaine, que se passe-t-il ? Pour le savoir, AG au local de Solidaires mercredi 10 décembre (voir le mémo dans la colonne de droite) !

Hardi !

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Infos / Mémo :

Manifestations nationales interprofessionnelles contre la Loi Travail jeudi 9 juin 2016 (voir les rendez-vous de la semaine d'actions)

Les précaires de l'éducation nationale se rassemblent dès 11 h place Hoche

COORDINATION DES PRÉCAIRES DE L'ÉDUCATION EN GRÈVE CONTRE LA LOI TRAVAIL

RÉUNIONS DE LA COORDINATION les LUNDIS à 18H, au local de SUD éducation, 5 rue de Lorraine à Rennes quartier Villejean ( voir le plan)

Caisse de grève en ligne: https://www.tilt.com/tilts/caisse-de-greve-precaires-de-leducation-35


 

Jeudi 23 juin

Audience au Conseil des Prud'hommes de Rennes (2 rue des Trente) à 14h le 23 juin d'une vingtaine d'EVS pour la défense de leurs droits.

Merci de venir nombreux les soutenir.

IMPORTANT !



Soutenez le collectif EVS-AVS35 pour refuser la précarité et dénoncer le non respect des engagements de l’Éducation Nationale pour la formation du personnel !

Le grand réinventaire

L'abécédaire vidéo : Des films, à partir de mots-clés, de mots-sources, de mots-outils qui fondent notre vision commune, le croisement de nos regards, notre besoin d’humanité. Des films pour mettre en commun celles et ceux qui, du monde du travail, de la politique, des luttes associatives et syndicales, de l’économie, de l’éducation, de la santé, de la culture, acceptent de partager leurs engagements. Cliquez ici pour plus d'infos.

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