Souffrance au travail

"J'ai très mal au travail" : Christophe Dejours

Toutes nos vidéos ici

Les essentiels

Guide des droits pour les précaires de l'educ' nat
Guide d'indemnisation chômage
conditions de travail : tout ce qu'il faut savoir pour ne pas se faire avoir

Dossiers chauds

rejoignez les mobilisations en cours !

éducation populaire

Pensée alternative à la pensée unique (liens vidéos)

Participer au Blog

Vous voulez participer au Blog ?
Nous faire partager votre lutte ?

Exprimez-vous !!!
Cliquez ici pour plus d'infos.

S’abonner au Blog

   
 
Un flux RSS... Kezako ?!!
Cliquez ici pour plus d'infos.
Tous les articles de la catégorie Humeurs et Témoignages

RAPPEL :

Rassemblement mercredi 8 Avril 17h00 à la préfecture contre la suppression des postes Avs administratifs appelé par l’intersyndicale Sud-Fo-Cgt-Fsu-Unsa-Sgen et soutenu par le collectif Evs35.

 

Témoignage :

Mary 57 ans EVS appui administratif dans une école élémentaire de ZEP depuis le 13 octobre 2013.
Fin de contrat 31 août 2015.
Ce vendredi le directeur est en classe.
8h35 Le téléphone sonne « mon fils est malade … » 2ième appel même motif mais le parent parle
peu le français il faut du temps et de l’empathie pour comprendre le nom de l’élève et le motif de
l’appel.
Je vais ensuite prévenir les enseignants ;
Juste avant d’entrer en classe une élève de CM2 me demande d’appeler sa maman pour lui rappeler
le RV de midi (contexte familial très particulier).
3 équipes éducatives sont prévues le mois prochain:
J’appelle donc le CEDAS, le CMPP, une orthophoniste libérale, un éducateur, puis échange d’une
dizaine de mails avec la psychologue et le médecin scolaire pour accorder les agendas de tout le
monde…çà prend du temps et je sais qu’il faudra certainement encore y revenir pour des
changements d’horaires.
La récréation sonne . Un élève est puni et reste la moitié de sa récré avec moi.
Retour de récréation …un bobo à soigner.
Absents non excusés : j’appelle les familles.
Photocopies d’un mot pour les familles des CM2 (on prépare les passages en 6ième) et à distribuer
ensuite.
Le concierge arrive avec le courrier et donc je le gère.
Midi…..je vais manger en salle des maîtres : occasion pour passer des messages à certains que je
n’ai pas encore vus.
Cet après-midi se présente plus calme : je tape le compte-rendu du conseil des maîtres de la veille.
Une mère d’élève arrive pour un certificat de scolarité.
Je finis la mise à jour du registre des élèves.
Le téléphone continue sa vie et les interlocuteurs (familles, partenaires…) semblent préférer la
tonalité de ma voix à celle du répondeur.
C’est la sortie.
Et il y a des journées non ordinaires :
enseignants absents pas toujours remplacés donc j’aide à la répartition dans les autres classes, grève
de la cantine enfants sans pic-nique d’où plusieurs appels, livraison des nouveaux livres pour la
bibliothèque, plusieurs jours de travail à la clé…
J’en oublie beaucoup les journées de travail sont très variées, intéressantes la plupart du temps et
passent très vite.
Je ne serai à la retraite que dans 4 ans !

jan
26

Le site Questions de classe(s) a publié l’article ci-dessous il y a quelques jours, que nous reproduisons suite à l’autorisation de son auteure :

Lettre d’une AVS… Une quoi ?
J’éprouve un besoin, une obsession, mieux une obligation.
Témoigner.
Je suis auxiliaire de vie scolaire.
Ce que j’éprouve n’est pas de l’aigreur ou de la fatigue mais plutôt un sentiment d’impuissance et d’injustice.
Je suis une femme, j’ai 37 ans, je vis en couple et j’ai deux enfants en bas âges.
Je possède une maîtrise d’arts plastiques. J’ai travaillé dans le domaine du social tout en étant bénévole dans une association d’arts plastiques et en ayant passé un certificat d’art thérapie.
Depuis 8 ans je travaille en tant qu’auxiliaire de vie scolaire.
Vous savez ces personnes sans qui les enfants handicapés ne pourraient ou auraient de grandes difficultés à être scolarisés.
Vous connaissez ? Ces personnes qui sont embauchées avec un baccalauréat minimum, qui tentent d’adapter la pédagogie des professeurs au handicap de l’enfant qu’ils accompagnent, qui assistent aux réunions pluridisciplinaires pour mettre en place un projet d’accueil de l’élève dans l’école.
Vous savez ces personnes qui s’informent, se documentent sur le handicap spécifique de l’enfant dont ils s’occupent.
Ces personnes qui aident l’enfant à la bonne mise en œuvre de son intégration sociale avec ses camarades, avec le personnel de l’école, celles qui font le lien entre les parents et l’école, celles qui dialoguent, qui écoutent, qui essaient de comprendre, d’expliquer.
Celles qui aident l’enfant à aller aux toilettes, qui le nettoient, qui le recoiffent, qui le rhabillent, qui l’accompagnent dans toutes les activités scolaires extérieures à l’école.
Celles qui proposent avec l’accord de l’enseignant des ateliers, des activités pour tous les enfants de l’école.
Ces personnes payées une misère auxquelles aucun CDI ou titularisation ne peuvent être promis.
Et bien, ces personnes c’est moi et quelques milliers d’autres qui aiment leur travail, qui se sentent utiles et qui réfléchissent à leurs rôles professionnels dans leur établissement, qui s’adaptent aux différents enfants qu’ils suivent, qui sont surdiplômés par rapport à la fiche de poste qu’ils ont. Ce sont ces personnes qui depuis des années ont réfléchi et ont créé le métier d’auxiliaire de vie scolaire.
Après 6 ans de contrat d’un an, renouvelé tous les ans, je suis virée, non pas que je travaille mal, que j’ai commis une faute grave, non il s’agit de la fin de ce système de renouvellement qui mettrait l’éducation nationale en infraction si elle me proposait un autre contrat.
Deux ans de chômage où je vous passerai les détails pour trouver un emploi ou prétendre à une formation professionnelle. Puis un autre contrat, privé, en CAE-CUI. Qu’est-donc ?
Mon salaire est subventionné à 70% par pôle emploi pour permettre à un autre établissement de me recruter. Il s’agit à la base d’un contrat pour aider les plus démunis, les plus mal diplômés à être embauchés.
J’ai droit à ce contrat car cela fait 2 ans que je suis au chômage.
Quelle aubaine pour les principaux d’établissement qui peuvent embaucher à 20h, pas plus, au smic (675€ par mois) des personnes soit diplômées en psychologie, soit avec une expérience de plusieurs années dans le monde du handicap, soit ayant un master I, II etc.
Je ne les blâme pas, au contraire, eux aussi font ce qu’ils peuvent et reconnaissent nos compétences à leur juste valeur.
Ce contrat est valable 2 ans et ne peut être renouvelé.
J’ai fait une demande de validation des compétences pour obtenir le diplôme d’éducateur de jeunes enfants car je trouvais que les compétences requises et demandées étaient similaires à celles de l’auxiliaire de vie scolaire.
Première lettre, premier refus.
Je renvoie une lettre de recours expliquant exactement ce qu’étaient les fonctions d’un AVS (auxiliaire de vie scolaire). Deuxième refus : « en effet, les fonctions et activités ciblées pour établir le rapport direct précisant la dimension collective et non individuelle de l’accompagnement effectué par l’EJE. »
Ce que je fais pour un enfant, je ne peux le faire pour plusieurs avec une quotité d’heures de travail supplémentaire et un meilleur salaire !!!!????
D’autant plus que la VAE peut être acceptée partiellement et permet de valider les modules non recevables, par la suite, grâce à l’entrée en formation en IRTS (institut régional du travail social).
Voilà j’ai 37 ans, une famille, une expérience professionnelle qui n’est absolument pas reconnue, et quoi ? Il faut que je refasse 2 ans de chômage pour pouvoir être à nouveau rembauchée ? 675€ de chômage ça fait… Oups, à peu près 400€ par mois pendant 2 ans. Quelle aubaine ! (bis)
J’avais envie d’expliquer ma situation qui est semblable à beaucoup d’autre et encore, je peux prétendre avoir de la chance d’avoir un compagnon qui travaille.
Une collègue doit aller au resto du cœur pour nourrir sa fille. Elle rentre dans les statistiques des travailleurs pauvres surdiplômés. J’en deviendrais cynique si ce n’était pas à pleurer ! Comment être disponible et à l’écoute de tous ces enfants emprisonnés dans leur handicap lorsque l’on ne sait pas si son propre enfant mangera à la fin du mois ? Et pourtant, elle parle de son métier comme d’une passion.
Impuissance, injustice, dégoût, voilà mes sentiments, mes sensations face à l’immobilisme des pouvoirs publics. Ne me dites pas qu’ils ne savent pas, au vue des centaines de pétitions, manifs et autres revendications de notre part. Je crains que cette situation ne les arrange.
Non reconnaissance = emploi précaire = moins d’argent à dépenser devant la demande grandissante d’accompagnants scolaires = surtout ne rien faire ! Ben oui c’est la crise, y a pas d’argent ! Enfin soyons raisonnable.
Voilà, je ne sais pas ce que je ferai de cette lettre, à qui l’enverrai-je, qui la lira, peut-être vous, et peut-être entièrement… Ceci est une réponse à un besoin, une obsession, une obligation. Une colère aussi !

Agathe Goupil

source : Questions de Classe(s)

Leïla et Jean-Claude travaillent tous les deux dans les écoles. Enfin, travaillaient. Ils sont deux des précaires de l’éducation nationale. Hier, en contrat CUI, aujourd’hui au RSA, et entre temps, dans la fierté d’être utile à la nation et aux élèves.

Leïla est le personnage d’une mini bande dessinée de JAC. Un personnage si réel, que les enseignants connaissent chacun un bon nombre de Leïla.

Jean-Claude est la personne qui travaillait avec moi à l’école. Il était aide administrative. C’est un peu un secrétaire. Il va répondre au téléphone, prendre des rendez-vous. Ventiler les informations auprès des enseignants, gérer la liste des élèves inscrits à l’étude, faire des photocopies, découper du matériel, participer aux fêtes d’écoles, renseigner les parents d’élèves sur les choses courantes de la vie de l’école…

Quand il est arrivé dans l’école, je l’ai donc « formé », plutôt converti, aux us et coutumes de l’Éducation nationale. J’ai créé une fiche de poste. Rien de tout cela n’existe. Sans-emploi depuis plusieurs années, ce poste, en contrat CUI, lui a été proposé il y a quelques années. Le but n’était nullement d’aider les écoles, mais de faire baisser les chiffres du chômage. Je me souviens de Villepin qui annonçait une baisse du chômage d’exactement le nombre de contrats qui venaient d’être signés.

Sauf que Jean-Claude a pris toute sa place dans l’école. Il est reconnu par les parents d’élèves et apprécié par les enfants. Au fur et à mesure qu’il parvient à être plus à l’aise dans l’école et dans ces tâches, je peux de mieux en mieux me consacrer aux élèves du point de vue d’un directeur. Projets pédagogiques, coordination du travail d’équipe, omniprésence auprès des enfants, notamment des plus remuants. Punir, certes, mais aussi parler, réfléchir aux sanctions, aux réparations, aux moyens de renouer le dialogue entre enfants. Tout un tas de choses qui demandent du temps. Pour l’élaboration de projets ambitieux, n’en parlons pas du temps. Tout cela devient possible, parce que Jean Claude est là. Son contrat a été plusieurs fois renouvelé. Mais le dernier prenait fin en avril. Il espérait un « nouveau » renouvellement auquel il avait droit. À plus de 60 ans, il attend d’avoir 65 ans pour avoir toutes ses annuités. Il a appris, parce qu’il a cherché l’information, le soir des vacances de printemps, qu’il ne pourrait pas retourner à l’école le 5 mai. Il y a là comme une forme de mépris. L’année n’est pas terminée, les personnes sont laissées dans l’attente et au dernier moment, on leur annonce que c’est fini. C’est un mépris pour l’école qui s’était organisée avec le secrétaire dans l’équipe et c’est aussi et surtout un mépris pour Jean-Claude, pour ce qu’il a su faire durant ces années.

Les conditions d’emploi ne sont pas idéales. 20 h au SMIC. Il ne manque pas de travail pourtant avec toutes les nouvelles demandes de ces dernières années faites aux directrices et directeurs. C’est pour cela que j’ai toujours défendu l’idée que la question des rythmes scolaires devait permettre à ces personnels de pouvoir cumuler les employeurs sur un même établissement (l’État durant 27 h et 8 h la collectivité territoriale). Replacer le directeur sur du pédagogique, c’est aussi un levier pour une transformation de l’école. Ces personnes sont donc devenues indispensables. Surtout quand elles sont compétentes comme Jean-Claude.

Je souhaite et demande à mon institution (c’est chose faite) que son contrat soit renouvelé sur mon école. Lui seul ? Tous ceux qui ont su trouver leur place dans les écoles doivent pouvoir la retrouver. Ils sont nombreux en ce mois de mai à s’être retrouvés à la porte des écoles.

Leïla, elle est assistante de vie scolaire (AVS), elle s’occupe des élèves qui supportent un handicap. Mais un bon dessin vaudra bien des discours ici ! Merci à JAC pour ces dessins (lien ici et ), comme toujours très justes. Merci aussi à toutes les Leïla (et surtout à celle qui est dans ma classe et celles qui sont venues les années d’avant — dont un homme —) qui interviennent, se dévouent malgré la précarité de leur situation.

Notons que des discussions sont en cours pour reconnaître le travail d’AVS, mais pas encore celui d’aide à la direction…Je ne vois pas comment il ne peut en être autrement dans l’avenir.

 

 

 

 

 

 

 

 

Leïla et Jean-Claude n’ont pas perdu que leur travail, leur emploi ; ils ont perdu leur métier. Ces métiers existent aujourd’hui dans les écoles. Ne pas les reconnaître, c’est saper les fondations d’une école que l’on veut portée vers plus d’intégration et plus de pédagogie.

 

Article issu du blog de médiapart, voir lien :

http://blogs.mediapart.fr/blog/sebastien-rome/190513/leila-et-jean-claude-precaires-de-leducation-nationale

par Anne-Sophie, maitresse d’école

Lettre à mon Ministre et à mon Président,

Socialiste … que se cache-t-il derrière ce mot ? Que reste-t-il de l’essence même de ce terme ?

Ministre de l’Education Nationale… Quel est son rôle, son but, sa mission ? Ajouter son nom à la longue liste de ceux qui ont « fait leur réforme » ? Assouvir un désir purement personnel de réussite et réaliser le « projet de SA vie » ?

Mais c’est quoi, la politique ? C’est inscrire son petit nom au palmarès des nantis et se foutre éperdument du peuple qui élit ?…

Infos / Mémo :

Manifestations nationales interprofessionnelles contre la Loi Travail jeudi 9 juin 2016 (voir les rendez-vous de la semaine d'actions)

Les précaires de l'éducation nationale se rassemblent dès 11 h place Hoche

COORDINATION DES PRÉCAIRES DE L'ÉDUCATION EN GRÈVE CONTRE LA LOI TRAVAIL

RÉUNIONS DE LA COORDINATION les LUNDIS à 18H, au local de SUD éducation, 5 rue de Lorraine à Rennes quartier Villejean ( voir le plan)

Caisse de grève en ligne: https://www.tilt.com/tilts/caisse-de-greve-precaires-de-leducation-35


 

Jeudi 23 juin

Audience au Conseil des Prud'hommes de Rennes (2 rue des Trente) à 14h le 23 juin d'une vingtaine d'EVS pour la défense de leurs droits.

Merci de venir nombreux les soutenir.

IMPORTANT !



Soutenez le collectif EVS-AVS35 pour refuser la précarité et dénoncer le non respect des engagements de l’Éducation Nationale pour la formation du personnel !

Le grand réinventaire

L'abécédaire vidéo : Des films, à partir de mots-clés, de mots-sources, de mots-outils qui fondent notre vision commune, le croisement de nos regards, notre besoin d’humanité. Des films pour mettre en commun celles et ceux qui, du monde du travail, de la politique, des luttes associatives et syndicales, de l’économie, de l’éducation, de la santé, de la culture, acceptent de partager leurs engagements. Cliquez ici pour plus d'infos.

Catégories du Blog

Archives du Blog

Articles récents